L’alliance militaire Suisse-Israël

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 23 juillet 2026 · 4 min de lecture

L’alliance militaire Suisse-Israël
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Le chef de l’armement, Urs Loher, s’est rendu en Israël, les 13 et 14 juillet dernier, pour resserrer encore les liens entre les entreprises militaires des deux pays. En Europe, il n’y a que l’Allemagne et la Roumanie qui entretiennent avec l’Etat hébreu des collaborations de nature aussi intense. La neutralité helvétique est sciemment violée. Sans bruit. Même l’UDC qui aime tant l’invoquer ne bronche pas.

Ce qui corse encore le scandale, c’est l’objet des discussions. Il s’agit d’abord pour la Suisse de se dépatouiller des contrats anciens restés en panne. Les fameux drones de surveillance des frontières à 300 millions, inutilisables en hiver, exigeant d’être accompagnés en vol. Le contrôle des finances a pointé en mai dernier une gestion «insatisfaisante» du projet, dénonçant des objectifs trop ambitieux, une planification et un pilotage lacunaires. On n’est pas sorti de la triste farce. Moins connus, les retards de livraison et les déboires techniques d’une autre commande: en octobre 2019, Armasuisse a attribué à l’entreprise israélienne Elbit Systems un marché d’acquisition d’un volume de 377 millions de francs, portant sur des appareils radio, des systèmes d’interphonie embarqués et des casques-micros destinés à équiper environ 1800 véhicules militaires. Elbit avait été préféré à l’autre candidat, l’allemand Roschi Rohde & Schwarz AG, très présent en Suisse. Là encore, grosse panne. Les livraisons tardent, la technique ne suit pas. L’aveuglement du Département fédéral de la défense face à Israël est frappant depuis des années. Nos «experts» sont allés jusqu’à tester les drones commandés dans le Golan, territoire syrien occupé… sans le savoir.

Un parti-pris sans vergogne pour Israël

Le conseiller fédéral Martin Pfister n’a pas la moindre intention de sortir du guêpier. Il est manifestement prêt à poursuivre et, le cas échéant, à approfondir la coopération militaire avec Israël. Il trahit ainsi tous nos principes. La neutralité et l’éthique des relations internationales. En février, 25 avocats suisses ont dénoncé Ignazio Cassis auprès du bureau du procureur de la Cour pénale internationale pour complicité dans les crimes commis par Israël à Gaza. Ils demandent qu’une enquête soit diligentée contre le conseiller fédéral, estimant que la Suisse viole les Conventions de Genève et ne respecte pas le droit international humanitaire. Faut-il ajouter les noms de Messieurs Pfister et Loher à cette poursuite? La livraison de matériels suisses dits à double usage (civil et militaire) à Israël est une atteinte au droit en vigueur chez nous.

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